Un indépendant peut-il acheter une voiture d’occasion pour son entreprise ?
Oui. Les frais liés au véhicule peuvent être déduits dans la mesure où la voiture est utilisée à des fins professionnelles.
Entreprise individuelle
14/11/2025
Acheter une voiture neuve n’est pas toujours nécessaire, ni toujours réaliste sur le plan financier. De nombreux indépendants en entreprise individuelle optent donc pour une voiture d’occasion. Le coût d’achat est souvent plus accessible, mais le traitement fiscal soulève plusieurs questions. TVA, déductibilité des frais, comptabilisation… il est important de comprendre les règles avant de prendre une décision. Dans cet article, vous découvrirez ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas et comment éviter toute difficulté lors d’un contrôle fiscal.

Oui. Un indépendant peut parfaitement acheter une voiture d’occasion au nom de son entreprise individuelle.
La condition est simple : le véhicule doit être utilisé pour l’activité professionnelle. Il peut s’agir de visites chez des clients, de déplacements entre différents lieux de travail ou encore de livraisons.
Si la voiture est également utilisée à titre privé, seule la part professionnelle des frais peut être déduite. Cette règle vaut à la fois pour la TVA et pour les frais automobiles.
La récupération de la TVA dépend du régime appliqué par le vendeur. Trois situations se présentent le plus souvent.
Achat auprès d’un particulier
Dans ce cas, la vente n’est pas soumise à la TVA. Il n’y a donc aucune TVA à récupérer.
Achat auprès d’un professionnel appliquant le régime de la marge
Le vendeur paie la TVA uniquement sur sa marge bénéficiaire. La facture mentionne généralement « régime particulier – biens d’occasion – marge ». La TVA n’apparaît pas séparément. Il n’est donc pas possible de récupérer de TVA.
Achat auprès d’un assujetti avec facture TVA classique
La facture mentionne clairement la TVA de 21 %. Dans ce cas, une déduction est possible, mais elle reste limitée par l’usage professionnel du véhicule.
Même si la voiture est utilisée exclusivement à des fins professionnelles, la récupération de TVA est plafonnée à 50 %. En cas d’usage mixte, la déduction se fait au prorata de l’utilisation professionnelle. Lorsqu’aucun registre précis des trajets n’est tenu, l’administration accepte souvent un forfait de 35 %.
Imaginons l’achat d’une voiture d’occasion pour 20 000 € hors TVA, avec 4 200 € de TVA.
Si l’utilisation professionnelle est estimée à 60 %, la TVA récupérable se calcule de la manière suivante :
4 200 € × 60 % × 50 % = 1 260 € de TVA déductible.
Si la voiture est achetée auprès d’un particulier ou sous le régime de la marge, aucune TVA ne peut être récupérée.
Depuis 2023, la déductibilité des frais automobiles dépend des émissions de CO₂ du véhicule. La formule appliquée est la suivante :
Déduction = 120 % – (0,5 × coefficient × émissions de CO₂)
Le coefficient dépend du carburant utilisé :
• 1 pour les véhicules diesel
• 0,95 pour les véhicules essence.
La déductibilité minimale est de 50 %, ou de 30 % pour les véhicules très polluants. La déductibilité maximale atteint 100 % pour les voitures électriques.
Ces règles s’appliquent aussi bien aux voitures neuves qu’aux voitures d’occasion.
La fiscalité automobile évolue fortement pour les véhicules à moteur thermique.
La date d’achat devient déterminante :
• véhicule acheté avant le 1er juillet 2023 : anciennes règles maintenues
• véhicule acheté entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025 : déductibilité progressivement réduite jusqu’à 0 % en 2028
• véhicule acheté à partir du 1er janvier 2026 : aucune déductibilité.
Autrement dit, ce n’est pas le caractère neuf ou d’occasion qui compte, mais la date d’acquisition. Dans ce contexte, les voitures électriques d’occasion deviennent fiscalement de plus en plus intéressantes.
Lorsque la voiture est utilisée à la fois pour le travail et pour des déplacements privés, seule la part professionnelle des frais peut être déduite.
Prenons un exemple :
si l’usage professionnel est estimé à 70 %, alors :
• 70 % des frais automobiles sont pris en compte dans la formule de déductibilité liée au CO₂
• la TVA récupérable correspond à 35 % de la TVA totale (70 % × 50 %).
L’usage professionnel peut être justifié par un registre des trajets. En l’absence de registre, l’administration accepte souvent le forfait de 35 %.
Dans la comptabilité d’une entreprise individuelle, la voiture est enregistrée comme une immobilisation.
Concrètement :
• le prix d’achat hors TVA est inscrit dans un compte d’investissement
• la TVA déductible est comptabilisée séparément
• la voiture est amortie sur une durée standard de cinq ans, soit 20 % par an.
Si la durée de vie restante du véhicule est plus brève et que vous pouvez le justifier, une période d’amortissement plus courte peut être appliquée.
Pour éviter toute discussion avec l’administration fiscale, il est important de conserver les documents suivants :
• la facture d’achat
• le certificat d’immatriculation
• le certificat de contrôle technique
• la preuve de paiement.
Lorsque la vente est soumise au régime de la marge, cette mention doit apparaître clairement sur la facture.
Chaque année, l’amortissement de la voiture est enregistré comme charge automobile. Cette charge réduit le bénéfice imposable.
Si vous revendez le véhicule, une plus-value ou une moins-value peut apparaître. Celle-ci est alors prise en compte fiscalement dans l’année de la vente.
Les véhicules électriques d’occasion bénéficient d’un régime fiscal particulièrement favorable.
Les frais automobiles sont déductibles à 100 %. En ce qui concerne la TVA, la récupération reste limitée à 50 % lorsque le véhicule est utilisé exclusivement à des fins professionnelles. En cas d’usage mixte, la déduction suit la proportion d’utilisation professionnelle.
Avec la disparition progressive de la déductibilité des moteurs thermiques à partir de 2026, les voitures électriques d’occasion deviennent souvent la solution la plus intéressante sur le plan fiscal.
Acheter une voiture pour votre activité est une décision importante, qu’il s’agisse d’un véhicule essence, diesel ou électrique.
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Vous travaillez en digital, mais jamais seul.
Un indépendant peut-il acheter une voiture d’occasion pour son entreprise ?
Oui. Les frais liés au véhicule peuvent être déduits dans la mesure où la voiture est utilisée à des fins professionnelles.
La TVA est-elle toujours récupérable ?
Non. La TVA n’est récupérable que si elle apparaît clairement sur la facture. Ce n’est pas le cas lors d’un achat auprès d’un particulier ou sous le régime de la marge.
Comment fonctionne la déduction de TVA ?
La TVA est récupérable selon l’usage professionnel, avec un maximum de 50 %.
Quelles règles fiscales s’appliquent aux voitures d’occasion ?
Depuis 2023, la déductibilité dépend des émissions de CO₂ du véhicule.
Que change la réforme prévue à partir de 2026 ?
Les voitures à moteur thermique achetées à partir de 2026 ne seront plus déductibles fiscalement.
Peut-on déduire les frais en cas d’usage mixte ?
Oui, mais uniquement pour la part professionnelle.
Comment comptabiliser l’achat ?
La voiture est enregistrée comme immobilisation et amortie généralement sur cinq ans.
Quels documents faut-il conserver ?
La facture, le certificat d’immatriculation, la preuve de paiement et le certificat de contrôle technique.
Que signifie le régime de la marge ?
La TVA n’apparaît pas séparément sur la facture. Elle n’est donc pas récupérable.
Les voitures électriques d’occasion sont-elles fiscalement avantageuses ?
Oui. Elles bénéficient d’une déductibilité fiscale maximale et restent attractives dans le contexte des nouvelles règles fiscales.